Un petit mot sur 9-1-1: Lone Star et… Buffy

Cela ne m’arrive pas souvent mais de temps en temps juste après avoir vu un épisode, je ressens le besoin d’écrire un billet pour partager mon ressenti tout en partant un peu dans tous les sens. C’est libérateur et dans ces moments-là, le blog ne porte jamais mieux son nom.

Depuis plusieurs semaines, M6 diffusait la saison 2 de 9-1-1: Lone Star et surtout rediffusait en même temps la saison 1, ce qui m’a permis d’enfin commencer cette série après avoir découvert 9-1-1 l’année dernière. Contrairement à la série principale, le spin-off n’a pas été un coup de coeur immédiat mais j’ai fini par m’attacher aux personnages et après avoir regardé les deux saisons (j’avais trop peur de voir les premiers épisodes de la saison 2 disparaitre du replay), je peux dire que j’aime bien la série mais je ne suis pas là pour vous parler des deux saisons, juste d’un épisode en particulier.

Attention on rentre dans la zone SPOILERS donc si vous n’avez pas vu toute la saison 2 de 9-1-1: Lone Star, vous feriez mieux de vous arrêter ici. Idem si vous n’avez pas vu tout Buffy. Oui, je pars sur une comparaison Buffy / 9-1-1: Lone Star ! Vous vous en doutiez peut-être et si vous avez vu les deux séries, vous savez peut-être où je vais !

Je considère l’épisode The Body (s05e16) de Buffy comme l’épisode le plus important de ma sériephile.

Je l’ai découvert à 17 ans sans y être préparé, sans avoir pris pleinement conscience que la série avait grandi en même temps que moi et cela a été un immense choc. Il m’a mis à terre et il est littéralement le premier épisode à m’avoir fait pleurer. Je ne parle pas d’une ou deux larmes d’émotion ou de tristesse. Non. Je parle de la vraie chialade tout le long de l’épisode et encore après car il m’a brisé le coeur comme si je venais moi aussi de perdre quelqu’un de ma famille et je sais qu’il me brisera le coeur à chaque fois que je le reverrai. Et pourtant, je l’aime cet épisode. Je l’aime parce que derrière le chagrin, derrière la douleur, il est d’une justesse désarmante. Même 20 ans après, je n’ai jamais vu le sujet de la mort brutale (dans le sens soudaine, inattendue) d’un.e proche et du deuil mieux traité dans une série.

Chaque scène, chaque cadrage, chaque réaction des personnages, tout est maitrisé à la perfection. Jusque dans l’absence de musique. On oublie pendant 40 minutes tous les enjeux de la série, toutes les intrigues, tous les ennemis, tout le surnaturel pour revenir à la réalité de la vie dans ce qu’elle a de plus cruelle et absurde. C’est de loin le meilleur épisode de Buffy et je suis même tenté de dire le meilleur épisode de série tout court. Pour moi en tout cas car je sais que je ne verrai jamais d’épisode avec une telle puissance émotionnelle. Je ne dis pas qu’aucune série ne peut faire mieux, objectivement bien sûr que si et certaines l’ont sans doute fait mais même la plus parfaite des séries ne pourra me faire ressentir les choses comme The Body l’a fait car je ne découvrirais plus jamais une oeuvre de la même manière qu’à cette époque, c’est-à-dire étalée sur plusieurs années en grandissant en même temps qu’elle et ses personnages. Rien que pour ça, The Body sera toujours à part et au dessus.

J’en viens maintenant à l’épisode One Day (s02e13) de 9-1-1: Lone Star. A la toute fin de l’épisode précédent, la Capitaine Tommy Vega jouée par Gina Torres (voilà un lien avec Buffy, puisqu’elle jouait dans Firefly une autre création de Joss Whedon et qu’elle a aussi eu un petit rôle dans la saison 4 d’Angel) retrouvait Charles, son mari, joué par Derek Webster, mort.

J’ai vu plusieurs parallèles avec The Body dans la mise en scène et la manière de raconter les choses dans le premier quart de l’épisode : la découverte du corps dans le salon, les yeux ouverts et les quelques secondes avant de comprendre, le fait de réajuster les vêtements de Charles avant l’arrivée des ambulanciers, l’incompréhension, le temps qui passe en un clin d’oeil, la gestion de l’après et une forme de déni. C’est ce qui m’a inspiré ce billet au départ.

Malheureusement, les parallèles s’arrêtent là. Après ce début prometteur, les scénaristes ont fait le choix de revenir à quelque chose de plus classique en continuant un peu une intrigue de la saison et en en ajoutant une autre pour cet épisode. La mort de Charles n’est donc pas une « pause » dans la série mais un élément dans une journée presque comme les autres. Le titre One Day vient surement de là. C’est un choix tout à fait valable qui nous rappelle aussi que tout ne s’arrête pas à la mort d’un proche et souvent nous n’avons pas d’autres possibilités que de continuer à gérer le quotidien. Sauf qu’ici le quotidien est bien sûr plus mouvementé que pour la plupart des gens puisque nous sommes dans 9-1-1: Lone Star.

L’épisode n’a pas eu le même impact sur moi que The Body en partie à cause de ça mais aussi comme je l’expliquais plus haut car je ne crois pas que ce soit possible. De plus, Charles n’est pas un personnage « important » de la série. Introduit en début de saison 2 en même temps que Tommy, il était « juste » son mari et n’avait qu’une ou deux scènes par épisode, ce qui est trop peu pour s’attacher à lui. J’ai plus éprouvé de compassion pour Tommy et ses filles que de tristesse pour Charles.

Alors non, One Day n’a pas eu le même impact sur moi que The Body mais je me dis que peut-être, peut-être si les scénaristes avaient fait un autre choix en se concentrant uniquement sur Tommy sans « parasiter » l’épisode par d’autres histoires, j’aurai pu être bien plus ému par le décès de Charles. Là, c’est un acte manqué. L’épisode n’en est pas moins bon, il en dit beaucoup sur le personnage de Tommy et Gina Torres, comme bien souvent, est géniale mais je ne peux pas m’empêcher de me dire que l’épisode aurait pu être tellement plus. Drôle de sensation que d’être déçu par un très bon épisode…

En fait, tout ceci n’était peut-être qu’une excuse pour écrire sur The Body, chose que je n’avais jamais fait sur le blog. Erreur réparée.

Avant que vous ne la citiez dans les commentaires, je n’ai toujours pas vu Six Feet Under qui est à priori aussi d’une justesse incroyable sur le deuil. Je comblerai ce manque dans ma culture un jour !

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